A propos de bibi ludo
- Profil de lecteur
Nom: bibi ludo
Langue: Français
Ville: luxembourg
Pays: LUX
Nombre de livres: 17
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[ Recommandation de bibi ludo ] Ce livre d’une sincérité violente mêle l' autobiographie et le récit d’une longue cure analytique. La femme que nous rencontrons au début du livre est un être en grande détresse en proie à de terribles dérèglements physiques qui l'ont conduite au bord de la folie et du suicide.
C'est par l’analyse qu'elle va tenter de retracer les étapes douloureuses de sa vie , le manque d'amour maternel, la mort de son père alors qu’elle a 14 ans, les traumatismes de son enfance, son adolescence dans une Algérie en guerre, jusqu’à l’ultime souvenir longtemps refoulé : sa naissance non désirée.
Souvent qualifiée de féministe, Marie Cardinal a levé des tabous et trouvé les mots pour exprimer sa part de féminité la plus intime. Ce corps qui souffre et qui saigne est l'expression d'une terreur ressentie par l'enfant -mais refoulée par l'adulte- face à une mère toute puissante. Le cheminement de l'auteur dans sa lente reconstruction est fascinant, et c'est avec émotion que nous assistons peu à peu à l'éclosion d'un être nouveau, délivré de ses angoisses et de sa folie.
Dès la première page, le roman de Marie Cardinal vous agrippe et ne vous lâche plus. En tant que femme j'ai été particulièrement touchée par la sincérité de l'auteur dans la description d'un corps brisé, un corps qui hurle sa douleur de n'être pas entendu. C'est le récit d'un terrible combat intérieur qui permettra à Marie de nommer l'indicible et de lui donner du sens. Tout au long de ce témoignage sincère et troublant, le lecteur assiste à la renaissance psychologique d'une femme précédemment au bord de la folie.
[ Citation préférée ] J'avais des histoires à raconter, des anecdotes. Mais l'histoire qui m'habitait, « la CHOSE », cette colonne de mon être, hermétiquement close, pleine de noir en mouvance, comment en parler ?
Elle était dense, épaisse, parcourue à la fois de spasmes, de halètements et de mouvements lents comme ceux des fonds marins. Mes yeux n'étaient plus des fenêtres. Bien qu'ouverts je savais pourtant que je les avais fermés, qu'ils n'étaient que deux tranches de globes oculaires.
J'avais honte de ce qui se passait à l'intérieur de moi, de ce charivari, de ce désordre, de cette agitation, et personne ne devait regarder là-dedans, personne ne devait savoir, pas même le docteur. J'avais honte de la folie. Il me semblait que n'importe quelle forme de vie était préférable à la folie. Je naviguais sans cesse dans des eaux extrêmement dangereuses pleines de rapides, de chutes, d'épaves, de tourbillons et cependant je devais faire semblant de glisser sur un lac, aisément, comme un cygne.
[ Info ] Cardinal, Marie: Les mots pour le dire.
(Langue du livre: français)
Librairie Générale Française (LGF),
1 février 1977
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Genre: Biographie, mémoires
Mots-clés: psychanalyse, mémoire, folie, femme, corps
Langues (recommandation de livre): Français