A propos de stéphane gödicke
- Profil de lecteur
Nom: stéphane gödicke
Langue: Français
Ville: paris
Pays: FRA
Nombre de livres: 13
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[ Recommandation de stéphane gödicke ] J’ai consacré six ans de ma vie à des recherches sur l’écrivain autrichien Robert Musil qui a jadis révolutionné l’art du roman en proclamant qu’il fallait « affranchir l’art narratif du monopole des nourrices » – autrement dit qu’il était devenu très démodé de raconter des histoires, et que seules les nourrices osaient encore recourir à ce grossier subterfuge dans le but d’endormir les enfants. Pour sa part, il réclamait plus de réflexion et moins de narration, voulait rendre le roman plus intelligent, car de lui dépendait la solution de très anciens problèmes éthiques, moyennant quoi Musil est mort en laissant inachevé un roman de plusieurs milliers de pages qui constitue pour les chercheurs une source de dépression très appréciée. Â
[ Citation préférée ] Du hattest keinen Opa, Aleksandar, du hattest einen Traurigen. Der trauerte um seinen Fluss und seine Erde. Der kniete sich hin, kratzte in dieser seiner Erde, bis ihm die Fingernägel brachen und Blut kam. Der streichelte Gras und roch daran und weinte in die Grasbüschel wie das kleinste Kind - meine Erde, wie bist du mir getreten und jedem Gewicht ausgeliefert. Du hattest keinen Opa, einen Dummen hattest du. Der soff und soff. Der ass Erde, würgte Erde, kroch dann auf allen vieren ans Ufer, spülte sich mit dem Fluswasser den Mund aus. Wie liebte dein Trauriger seinen Fluss! Seinen Cognac - dein Dummer, der nur lieben konnnte, was er unterjocht und gedemütigt sah. Der nur lieben konnte, wenn er soff und soff.
[ Info ] Stanisic, Sasa: Wie der Soldat das Grammophon repariert.
(Langue du livre: allemand (enfin, kind of...))
BTB,
München, 2008
(2006).
ISBN: 978-3-442-73762-8.
[ 17.06.09 - 20:07 ] [ Commentaire de stéphane gödicke ] Dans le cas de Stanisic, il y a une langue qu'il a été contraint d'apprendre à cause de l'émigration, ou plutôt de la fuite d'un pays en guerre. Mais je pense qu'au final la question n'est pas celle de la communication (on communique plus ou moins bien dans n'importe quelle langue qu'on a apprise) mais celle de la création artistique. Acheter du pain ou avoir une conversation entre amis dans une langue étrangère n'est pas la même chose que d'écrire un roman... Les exemples de succès littéraires sont plutôt rares, mais on peut quand même penser à Nabokov, Joseph Conrad (pour l'anglais) et donc aussi Stanisic pour l'allemand. Pour l'anglais, je ne peux pas trop juger, mais pour Stanisic, je trouve que ça donne parfois une tournure poétique à son écriture, en raison du léger décalage par rapport à ce qu'on dirait en allemand standard...
[ 17.06.09 - 00:59 ] [ Commentaire de Simone Pervenche ] Oui, je pense que c'est une chance d'avoir plusieurs langues. Celle pour parler avec ses parents ou grand-parents s'impose d'elle-même mais les autres?... Je ne pense pas qu'il s'agisse ici de fuir sa langue maternelle pour en trouver une autre mais bien de trouver un moyen alternatif pour communiquer... pour dire ce qu'il y a à dire dans cette langue (et non dans l'autre). Après vient la question: faut-il traduire? Traduire est-il trahir et si oui, dans quelle mesure?
[ 16.06.09 - 23:04 ] [ Commentaire de stéphane gödicke ] Et oui, certaines images de Stanisic sont vraiment belles, je crois que le fait que l'allemand ne soit pas sa langue maternelle (ça s'entend très bien quand il parle) lui donne paradoxalement une grande créativité linguistique. Le roman est plein de néologismes que je trouve très réussis et très évocateurs.
[ 12.06.09 - 17:48 ] [ Commentaire de Simone Pervenche ] Je suis en train de lire ce livre. Une phrase m'a plue: "Wenn du schnell fliesst, ist das wie leut schreien."! (s.23)
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